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PUB Magazine n° 9/2010

Indispensable CCB!

 

 

Pourriez-vous imaginer une seconde la disparition du CCB ? Non bien sûr ! Et pourtant voilà une possibilité que même Terry Focant - qui en assume la gestion quotidienne avec Claire Sels - n’exclut pas, tant le Club, notoirement sous-financé, doit faire preuve d’ingéniosité pour boucler son budget chaque année. Le hic, c’est que cette année, les comptes sont dans le rouge.

Le 4 février dernier, j’étais invité à l’assemblée générale du CCB. C’est le cas chaque année, mais c’est la première fois que je répondais à cette invitation. J’imaginais une foule de créatifs, et même la présence de quelques dirigeants d’agences, une ambiance passionnée, de l’enthousiasme, … Quelle déception ! L’auditoire, de taille pourtant modeste, était beaucoup trop grand pour la vingtaine de membres qui s’étaient déplacés, et l’atmosphère plombée par la lecture des chiffres. A tel point qu’il était décidé de reporter le vote du budget à une seconde assemblée générale. Las, celle-ci n’attirait que 17 participants et le plus jeune d’entre eux avait 38 ans.

Alors que les lampions du bal viennent à peine de s’éteindre à Knokke, les finances sont toujours dans le rouge avec un déficit de 18.000 euros prévu pour cette année. Et toutes les sources de revenus sont en baisse. En fait, le courant ne semble plus passer entre les membres et leur club. Un Club qui veut se remettre en question, cerner les attentes des membres, des agences, mais aussi des annonceurs et a demandé à Bruno Liesse (DeepBlue) de formuler des recommandations marketing pour repositionner le club. Terry Focant nous a dit tout son désarroi dans une interview sans langue de bois.

Est-il besoin d’encore souligner la profonde utilité du CCB ? Depuis 27 ans, le Club est la mémoire de la création publicitaire belge et surtout un lieu de rencontre et d'échange, un indispensable aiguillon, un stimulant pour les créatifs, mais aussi pour les agences et les annonceurs

Si depuis quelques années, il n'est plus de concours international sans que l'on n'y voie émerger de nombreuses campagnes belges c’est en bonne partie aussi grâce à l’existence du CCB. Les CCB Awards, c'est notre festival de Cannes annuel, c'est là que naît l'émulation, le désir de faire mieux.

Aujourd’hui, la créativité publicitaire belge se montre, s’exporte et gagne. C’est tout bénéfice pour les agences C'est tout bénéfice pour l'annonceur puisque, comme le démontre chaque année le Gunn Report, les campagnes les plus créatives et les plus primées sont aussi les plus efficaces.

« Le Club, ce n'est pas seulement la mémoire de la publicité, c'est d'abord des gens. C'est à dire vous, créatifs, graphistes, assistants, acheteurs et acheteuses d'art, producteurs et productrices de films, d'images, media planners, planners stratégiques. C'est pour cela que l'on s'appelle le Club. Les plus connus d'entre nous lui doivent leur carrière. Ceux qui ne le sont pas encore la lui devront, c'est certain. Au delà de cela et au delà des rivalités d'ego, de sectes ou d'entreprises, le Club c'est la volonté de défendre un métier dans ce qu'il a de fondamental. Une sorte d'exigence que ces temps du tout financier voudrait bien réduire à un caprice d'auteur. C'est pour cela que le Club est important.
Il faut s'inscrire au Club.  « Même si on n'est pas dans un jury. Même si on a fait une mauvaise année. Même si on trouve que le Club est sectaire ou au contraire trop laxiste. Même si on trouve que c'est cher. Le Club dépend de vous. N'attendez pas qu'il disparaisse pour vous rendre compte que vous dépendez de lui. C'est le meilleur moyen de soutenir le Club dans son combat pour promouvoir la créativité, le meilleur moyen pour ceux qui font aussi ce métier parce qu'ils l'aiment, de se battre pour l'excellence en matière de publicité. » Ces mots entre guillemets, je les ai trouvés sur le site du Club des directeurs Artistiques, équivalent français du CCB. Ils devraient figurer sur le site de notre club national.

 

Foto Jean-Michel Stichelbaut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Michel Stichelbaut

Rédacteur en chef francophone